Le paradis est français

Lundi 20. Temps kif-kif, gris et pluvieux. Faut pas se décourager : on va aller sur la plage de Saracen, la plus grande de l’ile, pour ensuite atteindre Sunset Bay par la jungle. Mais d’abord, il faut prendre le « bateau lent » qui part de M’Pai à 8h30. Pour 7 dollars chacun (il y aurait de l’exploitation du touriste que je ne serais pas étonné), on nous dépose sur la très belle plage de sable fin de Saracen.
Finalement, même si c’est pas nickel et même si le sable est un peu plus « grossier », on a bien fait de choisir M’Pai Bay. Ici, sur cette immense plage de plusieurs km, les bungalows genre « Camping de Flots bleus » sont à touche-touche, entrecoupés parfois de restaurants, bars et autres agences de location… Chaque estivant a les pieds dans l’eau, c’est vrai, mais question intimité, ça se pose là. Et puis, ces constructions sont vraiment moches.
Nous, on va de l’autre côté de l’ile, à Sunset Bay (côté est, vous l’avez compris) en passant par cette luxuriante forêt tropicale. Mieux vaut d’ailleurs se procurer un bâton car il n’est pas rare d’y rencontrer quelque animal rampant (pas vu). D’autre animaux occupent le terrain tels des macaques (pas vus non plus) ou des oiseaux moqueurs (peut-être du même genre que les geckos qui viennent sous notre toit, plusieurs fois pendant la nuit, et nous réveillent en nous faisant profiter de leur « chant » très particulier). Ce qu’on entend le plus ce sont des insectes (sortes de cigales sûrement, il faut qu’on se renseigne) qui émettent un sifflement strident et puissant de manière quasi ininterrompue… c’est saoulant (presque autant que la musique disco des bars de la plage).
Après presque 40mn de marche, on arrive de nouveau au paradis : plage propre, sable fin et blanc, eau bleutée et transparente, presque personne, des bâtiments en bois (resort uniquement) mais masqués par une rangée de plantations verdoyantes et la forêt en toile de fond. C’est vraiment là où il fallait aller. De plus, alors que M’Pai Bay est à dominante américaine (patrons de guesthouse, de bars…), ici ce sont les français, et ils sont sympas. La fibre chauviniste ravivée, on prend plaisir à discuter avec bon nombre d’entre eux. Chacun a son histoire personnelle et raconte volontiers les raisons de son installation dans ce coin paumé.
Baignade, café glacé puis expresso (oui,oui !), une petite balade le long de la plage, rebaignade… la vie est dure surtout que le temps se lève et qu’on aperçoit le soleil.
Retour vers la baie de Saracen puis à l’embarcadère. La « navette » arrive à 17h, bien à l’heure, mais surprise !, chargée jusqu’à ras bord de marchandises et matériels en tout genre : légumes, œufs, gros bidons d’eau, pains de glace… mais aussi parpaings, briques, planches de bois et même fenêtres, mobilier, congélateur… impressionnant. Dès que le bateau accoste, la fourmilière se met en marche. Autour, c’est l’effervescence, les petits bateaux s’approchent et prennent en charge toute cette cargaison… C’est passionnant.
Au bout de presque une heure, pratiquement tout a disparu et c’est le retour au calme, on peut enfin monter. Finalement la réputation de « bateau lent » n’est pas usurpé car, après deux autres escales pour de nouveaux déchargements, nous arrivons enfin à M’Pai vers 18h45. Il pleut de nouveau et ce n’est pas encore ce soir que nous irons manger chez la petite dame. On se rabat, mais sans regrets, sur le Sunset toujours aussi bon.

Publié dans : Cambodge 2017 |le 21 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »

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