Archive pour le 13 novembre, 2017

Journée patrimoine local

Dimanche 12. On nous a parlé de plusieurs lieux à visiter dans les environs. On « convoque » donc un tuktuk pour s’y rendre. Comme d’habitude, ça commence par une discussion sur ce qu’on veut voir et sur le prix. D’abord, nous voulons aller au village du Vat Kor visiter une ancienne maison Khmère.
Au passage, Sokha nous arrête au marché local et nous le fait visiter. Loin des marchés pour touristes, on découvre la vraie vie des cambodgiens. L’accueil est chaleureux, on nous sourit, Sokha nous montre et nous explique les produits que l’on ne connaît pas. Heureuse surprise.
Plus loin, notre chauffeur nous arrête près d’une faucheuse-batteuse de riz, une nouveauté puisque ça n’existe que depuis 4/5ans. Derrière, un groupe de gamins suivent la machine, non pas pour glaner les grains mais pour attraper les grenouilles, crapauds, crabes et autres serpents surpris par le passage de l’engin. Mélange de modernité et de tradition.
Enfin nous arrivons à la maison Burn Roeung, superbe maison en bois des années 20. C’est le neveu de sa propriétaire qui nous la fait visiter ceci… dans un français parfait. Il raconte l’histoire de la maison, de sa famille victime des khmères rouges… et puis de bien d’autres choses, de la politique déplorable du gouvernement, de l’appropriation progressive du pays par les Chinois mais surtout par les Vietnamiens. Ce n’est pas le premier à nous tenir de tels propos et à chaque fois notre interlocuteur baisse la voix, regarde si on est bien seuls… cela semble être un vrai problème.
Plus loin vers l’ouest, on rejoint le chemin qui monte au Sampeou, un ensemble de temples perchés en haut d’une colline. Les temples, eux-mêmes, présentent un intérêt limité hormis le fait qu’il sont fréquentés par les cambodgiens. Deux choses essentielles sont à retenir : la grotte-charnier dans laquelle des milliers de gens ont été précipités par les khmères rouges, une horreur ; et la vue superbe dominant toute la région. Appuyés à la balustrade, tout en admirant les rizières aux tons verts si variés, Sokha (qui se sera révélé plus guide que simple chauffeur de tuktuk) nous parle, lui aussi, de problèmes économiques, de tout ce riz qui est acheté par des grandes compagnies et envoyé en Occident sous l’appellation « riz du Vietnam », des forêts que l’on détruit, de ses inquiétudes concernant l’avenir de son pays…
Le soir, encore deux belles rencontres dans un magasin et au restau. On en reparlera.

La maison Bun Roeung

La maison Bun Roeung

Champs de riz vus du Sampeou

Champs de riz vus du Sampeou

 

Publié dans:Cambodge 2017 |on 13 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Le bruit des glaçons

Samedi 11. Depuis que nous logeons au Tanei Boutique Villa, nous sommes réveillés tous les matins vers 6 h par un bruit de broyage infernal, au milieu d’autres pollutions sonores matinales (l’hôtel est très bruyant). Ce n’est que mercredi, en attendant Ret que nous avons eu l’explication : juste en face se tient la boutique du glacier et, très tôt le matin, il reçoit des dizaines de pains de glace (seuls les anciens peuvent se souvenir de ces barres transparentes de plus de 2m de long), en débite une partie en gros parallélépipèdes (pour mettre dans les glacières) et en passe une autre dans une broyeuse pour en faire des glaçons ou de la glace pilée. Un bruit qui ne rappelle que de très loin celui des glaçons dans le verre de Pastis. Donc, ce matin, pas besoin de réveil pour se lever et être prêt à 7h devant l’hôtel.
Normalement, c’est un tuktuk qui doit venir nous chercher pour rejoindre le bus qui nous emmènera à l’embarcadère du bateau pour Battambang. Or, c’est le mini-van lui-même qui arrive et qui continue sa route de manière fantaisiste d’hôtels en hôtels. Le véhicule est déjà bourré quand on parvient au dernier arrêt où attendent deux jeunes allemands accompagnés de… leurs vélos. Incroyable ! mais après pas mal de manœuvres, on arrive à faire rentrer le tout.
Au port, des dizaines de bateaux, sortes de longues et larges pirogues à moteur, attendent pour voguer vers des destinations différentes. Tous les bus débarquent leur cargaison en même temps, c’est un peu la pagaille mais finalement tout le monde arrive à trouver sa place.
Le parcours vers Battambang dure entre 5 et 9 heures en fonction de la saison. Etant en période de hautes eaux, nous espérions mettre un minimum de temps mais, en réalité, nous mettrons plus de 7h… et c’est long. Il faut dire que le chemin, ou plutôt le chenal, est semé d’embuches. Toute une partie se déroule dans une sorte de marais et le bateau suit un étroit passage soit entre branchages qui raclent les bastingages soit au milieu de plantes aquatiques. C’est impressionnant, surtout quand il faut croiser une pirogue.
Mais c’est aussi très beau. D’autant plus qu’on traverse plusieurs villages lacustres. Ici les maisons sont en bois et sur pilotis, plus loin ce sont des maisons flottantes très colorées. Beaucoup de gens (des vietnamiens nous dit-on) s’activent sur les pontons car chaque « maison » a sa fonction : habitation, école, pêche, commerce, menuiserie, réparation… Une vraie ville sur l’eau où les motos sont remplacées par des pirogues à moteur. D’ailleurs, le bateau s’arrête sur l’une d’entre elle, une sorte de bar-restau flottant, pour faire une pause : ici, à midi, on mange !
Dans la dernière partie, on remonte le Sangker qui nous conduit à Battambang. De chaque côté, les maisons sur pilotis semblent miséreuses et les rives vraiment crasseuses. On aperçoit des pagodes mais aussi plusieurs mosquées (une partie de la population, les Chams, est musulmane, pauvre et minoritaire dans le pays).
Repos bien mérité à l’hôtel. Premier contact avec la ville qui semble bien plus calme que les deux précédentes. Un petit air de province flotte sur cette ancienne ville coloniale.

Mais ce soir, pas de répit, le cirque Phare donne une représentation et il ne faut pas la manquer. Plus qu’un cirque, c’est une école qui accueille, en particulier des jeunes défavorisés, pour les former aux arts du spectacle vivant. Représentation exceptionnelle conduite par une dizaine de jeunes aux qualités pluridisciplinaires (clown, jonglerie, équilibre, force, trapèze…) d’un haut niveau. Mais ce qui ressort le plus, c’est leur enthousiasme, leur engagement et leur complicité. Ils aiment ce qu’ils font et ils le font partager aux spectateurs. Super !

Le bateau se fraie un passage à travers les plantes aquatiques

Le bateau se fraie un passage à travers les plantes aquatiques

 

Une épicerie flottante

Une épicerie flottante

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Publié dans:Cambodge 2017 |on 13 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

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