Carpe et diem (orthographe non contrôlée)

Mercredi 21. Le temps est incertain. Cela remet en cause notre projet de retourner dans les montagnes, vers Plav, en faisant un boucle par l’Albanie. Deux jours, au moins, seraient nécessaires sur de petites routes apparemment mal entretenues et si c’est pour se retrouver dans les nuages en permanence…
On renonce donc et on décide de longer le lac Skadar par le sud jusqu’à Virpazar. Pour cela, il faut d’abord passer de l’autre côté de cette sorte de sierra, en frôlant la frontière albanaise. La montée offre des vues superbes sur la mer et la plaine littorale. Arrivés sur la crête, on découvre le lac, immense avec ses chapelets d’iles bordant la côte et, au fond, Skoder et les hauts sommets albanais. Descente vers le lac au milieu d’une sorte de lande vers le village de Ckla, situé à quelques encablures de la frontière. C’est vraiment un bout du monde, comme on les aime. Seules quelques maisons éparpillées plus ou moins abandonnées, un resto où l’on va boire un café turc (pas le choix) et puis, complètement inattendu, une jetée et un port disproportionnés avec trois barques qui se battent en joute.
La route continue en surplomb du lac, étroite, assez défoncée, où l’on ne peut guère se croiser, espérant ne pas rencontrer trop de monténégrins qui roulent souvent à tombeau ouvert. Notre Trafic est juste ce qu’il faut pour passer ; avec un gros camping-car, ce serait impensable.
Il est midi quand on arrive à Ostros où le marché local tire à sa fin. Marché animé mais modeste avec quelques étals de fruits et légumes, de fringues et de matériels divers, genre outils. Des papys et mamies sont venus faire leurs courses endimanchés et repartent au guidon de leur mini-tracteur à deux roues tirant une remorque, engins que l’on voyait en Espagne dans les années 60/70.
Les paysages alternent entre route en corniche, collines arides à travers lande, forêts de châtaigniers, villages avec leurs minarets (l’est du Monténégro est à dominante musulmane) et, au loin, toujours de petites îles dont certaines sont habitées et d’autres occupées par des monastères inaccessibles. Puis la vigne apparaît un peu avant Virpazar où réapparaît aussi la civilisation : touristes en groupe, cars, boutiques de souvenirs… On va shunter et essayer de trouver le « visitor center » du parc, indiqué sur les guides, à Vranjina. Après plusieurs allers-retours sur la route passante qui relie Podgorica à la côte (ce qui nous permet de racheter des figues à la mémé de la dernière fois), on finit par le trouver. Peine perdue, il n’y a rien, seule une jeune dame qui nous confirme ce qu’on savait déjà : le plus intéressant, ce sont les routes qui bordent le lac, les promenades en bateau sont pour les touristes. Aller voir les oiseaux du lac (pélicans, cormorans pygmées, grands hérons et autre échassiers) est une vue de l’esprit.
Poursuivons donc par une superbe route qui longe le lac vers le nord. Toujours aussi étroite et dangereuse, la route, mais les paysages changent progressivement : le lac devient plus marécageux et fait place à une sorte de long fleuve tranquille qui s’étale en méandres larges et verdoyant plantés de roseaux et de nénuphars. C’est apaisant.
Enfin nous voilà à Rijeka Crnojevica. Deux petits ponts en pierre enjambent la rivière, un cadre de verdure et un petit port fluvial, tout lui donne l’aspect d’un bourg un peu perdu au fond de la vallée, d’autant que, pour y arriver et en repartir, les routes d’accès sont infernales. Mais non, le long de la rivière s’étend une promenade large et pavée digne d’une ville balnéaire, complètement improbable. Ce serait une ancienne capitale régionale.
Le village est vraiment agréable, on décide d’y rester. Super : un camping très sommaire a l’air d’être mis à disposition. On apprendra plus tard qu’il est payant : 10€ pour des chiottes à l’air libre et des pseudo-douches genre (Bruno a fait mieux cet été). Poser le camion sur la belle pelouse devant l’entrée fera notre affaire.
Dans le village, une pancarte : Café de Paris, Infos en français. Allons voir un peu de quoi il retourne. Peu de choix dans les boissons entre café turc, bière et vin blanc. Notre choix sera le vin, bien entendu. La dame parle un français impec, a vécu de longues années en France, était journaliste… je vous passe les détails. Elle a envie de parler de son village, de son pays, de tout et de rien mais en français… et nous aussi. Alors, nous y passons un bon moment avant d’aller dîner au petit bouiboui que nous avons repéré de l’autre côté du pont. Au menu : soupe de poisson, fromage maison et délicieuse carpe grillée, le tout arrosé de Chardonnay. Elle est pas belle la vie.

Publié dans : Monténégro 2016 |le 23 septembre, 2016 |Pas de Commentaires »

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